
Mon bien aimé chaton
Nous nous connaissons depuis l’incendie de la forêt, il y a deux mois, tu te souviens, tu avais le poil tout roussi pour avoir traversé le brasier avant de débouler à mes pieds. Mais plus je te nourris, je te donne pourtant de la bonne viande que je mouline exprès pour toi, plus je constate que tu maigris, ton poil n’a d’ailleurs toujours pas repoussé et je me demande comment te redonner goût à la vie à chaque fois que je te vois.
Jamais, je n’ai ressenti autant d’amour et de pitié pour quelqu’un. Je ne trouve pas de mots assez forts pour dire ce que je ressens
J’ai très peur que tu abandonnes et que tu ne viennes à te laisser mourir, je t’en prie, ne laisse pas la maladie s’installer entre nous. Si tu as encore, même une toute petite envie de vivre, fais confiance à tes sentiments. Je ne pourrais jamais et ne voudrais surtout pas t’obliger, mais je souhaiterais vivement que tu te battes.
Réponds-moi, un regard, un miaulement ou un mouvement de ta queue, quelles que soient tes appréhensions, je serai tellement heureuse d’un tout petit égard