Je vous ai parlé dans de précédents articles de ma découverte du SLAM... vraiment de façon inopinée à un stand du forum associations de ma ville. ici : Merci de m'aider à trouver mon nom de "slameuse" et mais qu'est-ce donc le Slam ?
Parmi les animateurs des ateliers, des artistes qui se produisent sur Paris, et dont les participants ont dit qu'il fallait absolument le voir : donc je communique comme je pensais le faire. Justement Angélique a laissé un message sur mon article sur la recherche d'un nom de Slameuse, message que je vais ajouter à cet article. Voici leur "flyer" :
leur site myspace avec un extrait de leur spectacle est ici : http://www.myspace.com/frangelik
Ils passent au théâtre Les Déchargeurs à 21h45
3 RUE DES DECHARGEURS
75001 paris
les lundis et mardis du 23 août au 14 décembre 2010
Si vous êtes disponibles ce soir, lundi 26 septembre - spectacle à 21h45, ils auraient besoin de spectacteurs, car il y a un enregistrement vidéo !
Voilà pour moi c'est une découverte.
Et justement Angélique m'a laissé un message sur un de mes articles,
que je me fais un plaisir de recopier.
Elle a eu la délicatesse aussi de me laisser un poème sur la dépression, et cela me touche beaucoup pour tous ceux qui sont touchés par cette maladie, et si mal compris... (voir
conspués)...
voici son explication sur le slam, un débat s'est un peu engagé dans les commentaires de mes précédents articles sur le côté poétique par rapport aux définitions que j'ai trouvé sur le net :
Bonjour Ava,
Je suis ravie de te rencontrer ici.
Vent du Désert me plaît beaucoup. Justement à cause de "prêcher dans le désert", qui correspond bien aux images mentales qui m'habitaient lorsque j'ai découvert le slam.
Pour revenir sur ta définition : le slam n'est pas de la poésie, mais il ne demande qu'à le devenir. C'est au slameur qu'appartient la réponse. Le slam, c'est ce qu'on en fait.
Le slam, c'est un moment de partage de parole, à égalité, sur une scène, entre des individus qui prennent "à bras le corps" cette tribune, à l'appel d'un animateur. "Une bouche qui donne et des oreilles qui reçoivent", telle est une partie de la définition qu'en donne Grand Corps Malade.
Frank et moi refusons d'employer le terme "poésie" à tour de bras. Et pourtant. Le moment partagé entre émerveillement, fragilité, larmes parfois retenues, samedi, avec toi, c'était un "vrai" moment de poésie, au temps où Frank et moi aimons le conjuguer : le présent de l'émotion, avec pour seul vecteur le verbe.
Nous refusons de l'appeler "poésie" pour ne pas enfermer "nos écrivants" dans un carcan rimé. L'avènement du slam au "rayon" du joli produit culturel branché-poético-urbain-dans-les-bacs-à-15€ sous le label "attention poésie urbaine" a mis du plomb dans l'aile à la poésie telle que nous l'aimons. Et Grand Corps Malade n'y est pour rien (c'est au demeurant une connaissance, un ami, dans le sens où nous avons partagé avec lui de vrais beaux moments de scène ouverte, "avant", oui, c'est vrai, surtout "avant" que le succès s'empare de lui, mais aussi après, à l'occasion de rencontres vraies, autour de la parole de personnes de l'APF, par exemple). Donc GCM n'y est pour rien, mais le grand public a compris, souvent, slam = poésie. Slam = vers souvent plus longs que l'alexandrin, avec des rimes à presque tout prix, qui parle du quotidien un peu mais pour tailler dans le vif d'une société pas belle avec ses illustrations urbaines comme fer de lance, et qui se dit "à la manière de" Grand Corps malade ou Ami Karim et d'autres encore.
La poésie ne saurait être réduite à ce format-là.
Bien sûr, Frank et moi avons une idée assez vaste de ce qu'est la poésie, nous n'en avons pas parlé samedi pour ne pas entrer dans une définition ou "tentative de" fastidieuse. Et oui, bien sûr, le slam invite la poésie sur scène.
Nous en reparlerons.
Ecrivants et non écrivains, oui, c'est un terme que j'ai choisi en animation d'écriture. "Ecrivant" en tant que personne "en train d'écrire". Aujourd'hui, je suis éventuellement Boîte à Musique, écrivant sur une couleur émotionnelle pour partager un moment d'oral ensuite avec les autres écrivants.
Ecrivain quand l'objet de mon écriture sera achevé. Publié, voire.
Mais ici, je suis "en train de". donc, écrivant.
je serai ravie de revenir sur tes pages et d'y découvrir la pléthore d'univers où tu nous invites, Ava.
Merci pour cette rencontre. Et de t'être prêtée au jeu de l'oral, même si dire tes textes en public relève pour toi d'une certaine gageure, comme tu l'énonces ici.
Merci aussi de faire mention de notre spectacle ... je vais d'ailleurs à regret quitter ta page pour m'y consacrer ... c'est ce soir ...
Pour terminer, je vais publier ici un texte d'Allain Leprest. Bilou. Je t'ai lue et entendue évoquer la dépression. Ce texte devrait te parler.
Je t'embrasse.
Angélique
BILOU
Allain Leprest
Qu'est c'que t'as franginette ? C'est drôle, t'es plus la même
Celle qui tachait ma piaule d'éclaboussures de robes
Qui s'gavait de Beatles et de choux à la crème
Qui lisait les Claudines à ch'val derrière ma mob
Dans ton blouson d'marlou
Bilou
Pourquoi t'as maquillé tes lèvres à la craie blanche ?
Ta bouche où fleurissaient des musiques si rouges
Des gros mots merveilleux, des rires en avalanches
Des internationales pour emmerder les bourges
Des baisers pour les loups
Bilou
Qu'est c'que t'as ma jumelle ? C'est-y ça l'mal du siècle ?
Se fuir du mal à cause d'avoir du mal aux autres
S'arracher tant de larmes qu'on se retrouve à sec
Voir un été pourri, se dire que c'est d'sa faute
Crécher dans un igloo
Bilou
Bilou ma belle idiote, ça s'rait trop moche, dis
Si ça couvait aussi chez toi cette langueur
Qu'est comme une maladie qu'est pas une maladie
Qu'on croit qu'ça vient du coeur et qu'on n'a rien au coeur
Qu'un invisible clou
Bilou
Bilou, le feu follet la plus courue d'mes boums
Le bonheur sur ta peau a retourné sa veste
Le bar du Saint-Amand, le café aux loukoums
Le temps se fait la paire en accrochant les restes
Au clocher d'Saint-Maclou
Bilou
Qu'est c'que t'as ma jumelle, qu'on croit inguérissable
Qui use les regards dans des boîtes de kleenex
Qu'enlise chaque pas sous des tonnes de sable
Qui sert du bouillon fade dans des verres en pyrex
Qui rend les photos floues ?
Bilou
Bilou fais un effort, je te jure que tu ris
Rire, c'est ça, tu t'rappelles, tu vois c'est pas si dur
Regarde la pluie s'barrer au cul du car-ferry
Le vent lèche tes joues peintes de confiture
Pour un peu j's'rais jaloux
Bilou Bilou... Bilou "
Il est mervilleux ce texte, Angélique... Un grand Merci !
(les illustrations que j'ai rajoutées viennent de Photobucket)






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