Je ne sais pas pourquoi des coutumes ancestrales ont le don de m'interpeler.
Cet après-midi, je suis allée au parc, mais il me fallait un bouquin pour profiter davantage des rayons du soleil.. et j'ai commencé ce livre : "Feuilles d'Automne" de Adeline Yen Mah.
Voici ce qu'en dit la 4e de couv' : "ShangaÏ, dans les années 30, est encore une cité coloniale, prospère et animée. C'est là que les époux yen, fuyant l'avancée des troupes japonaises, ont choisi de s'établir avec leurs quatre enfants. Là que l'entreprise familiale prend l'essor qui fera de M. Yen l'un des industriels les plus riches de Chine..."
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"Feuilles d'automne", ce "Vipère au poing asiatique, est un récit qui a ému le monde entier, l'histoire d'une enfance dans la Chine d'avant Mao. Le récit d'Adeline Yen Mah a été traduit dans dix pays et vendu à plus d'un million d'exemplaires.
Les critiques :
"Un livre chargé d'émotion.. Adeline Yen Mah dresse le portrait des bassesses et des intrigues, mais aussi de tout l'amour dont sont capables les êtres humains". Jung Chang, auteur des Cygnes Sauvages...
"Un récit captivant, poignant de la première à la dernière page... une histoire inoubliable".. Sunday Mail
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Mes premiers pas, dans les "petits pieds à la chinoise".. quelques extraits
qui me font savourer cette ambiance, ce dépaysement, cette histoire :
page 17 :
"A cette époque, Shanghai était déjà devenue le centre commercial et industriel de la Chine. On y faisait fortune facilement. Ainsi l'un des frères de Grande-Tante se lança avec succès dans la fabrication de pièces de rechange pour pousse-pousse, cyclo-pousse, bicyclettes et épquipements domesiques divers, mai il mourut jeune, probablement atteint de syphilis. Les Chinois étaient alors la proie de trois vices : l'opium, le jeu et le bordel. La gent féminine de la classe aisée s'adonnait elle aussi au jeu et à l'opium, mais de façon plus discrète, chez soi. Un autre frère de Grand-Tante, enrichi dans l'import-export, contracta une maladie vénérienne et demeura sans descendance. Quant à son unique soeur tôt mariée, elle succomba à la tuberculose"...
voici le décor planté..
page 21 :
" Grand-Mère entreprit de s'initier seule aux mathématiques, résolution dont elle tira un profit immédiat en remportant chaque jour ses parties de mah-jong.
Je me souviens d'elle comme d'une femme volontaire à l'esprit vif, les cheveux courts, les pieds bandés, la repartie facile, une éternelle cigarette aux lèvres.
On avait commencé à comprimer ses pieds dans de longues bandes de tissu quand elle avait trois ans. Ses quatre doigts latéraux furent repliés sous la plante du pied, le gros orteil seul dépassant. Le bandage resserré chaque jour durant plusieurs années, écrasait les quatre orteils, empêchant tout dévleoppement du membre. Ce traitement douloureux, causant une infirmité permanente, était la seule façon d'obtenir ces pieds minuscules tant apparéciés des hommes chinois. Une femme qui ne pouvait marcher qu'en clopinant était le symbole de l'infériorité de son sexe et de la richesse de sa famille. Les pieds de Grand-Mère la firent souffir jusqu'à la fin de sa vie. Elle préféra par la suite braver les reproches plutôt que d'infliger le même supplice à sa propre fille"...
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Là, j'ai retiré mes baskets et me suis mise à me frotter les pieds sur le
banc public : l'idée de cette torture m'a mise mal à l'aise. Cela me rappelle le problème de l'excision dans les peuplades africaines... Nous devons nous aussi avoir nos tortures comme la
silhouette filiforme que les Françaises doivent afficher, et se resserrer l'estomac pour que les bourrelets ne dépassent pas de nos strings... Fichu principe.. et c'est toujours les femmes
qui trinquent.. et les hommes, on ne leur étend pas leurs ziquiquis sur une râpe à fromage ?
(outre le "scan" de la couverture du livre.. photos d'illustration issues de Flikr)
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